Le Québec, pôle touristique de calibre mondial? – jaimonvoyage.ca

« 2016 a été une année euphorique pour l’industrie touristique québécoise, entre autres à cause de la faiblesse du dollar canadien » mais avoir le vent dans les voiles doit surtout la pousser à aller de l’avant pour intensifier intelligemment ses actions de marketing sur les marchés étrangers, a prévenu Martin Soucy, nouveau PDG de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec. Invité d’un déjeuner-causerie du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) mercredi 12 octobre, l’ex « capitaine des parcs nationaux » (qui vient de passer six ans à la tête de la SEPAQ) a brossé un tableau des forces et faiblesses de ce secteur-phare et des défis qui l’attendent à l’international.

Texte d’Anne Pélouas

jaimonvoyageGilbert Rozon, président du groupe Juste pour rire et responsable de la programmation pour le 375ème anniversaire de Montréal, a ouvert le bal en rappelant que le tourisme est l’une des industries les plus porteuses de la planète, avec 7 milliards de passagers aériens en 2015 et une croissance attendue de 3,5 à 5% par an. Au Canada, le secteur affiche un chiffre d’affaires de 90 milliards de dollars pour 13,5 milliards de revenus en taxes, contre 13 milliards au Québec et 2,5 milliards de dollars de revenus pour la province.

C’est gros mais il y a des zones d’ombres, dont celle d’avoir vu, ajoute M. Rozon, le Canada passer de la huitième à la dix-septième place des destinations mondiales entre 2002 et 2014. Si le Québec a très bien tiré son épingle du jeu en 2016, y compris à Montréal qui a déjà attiré 10 millions de visiteurs, « il ne doit pas s’endormir sur ses lauriers », estime-t-il. La nouvelle Alliance dirigée par Martin Soucy est un élément central, à son avis, de la stratégie globale que le Québec doit adopter en matière de marketing sur les marchés internationaux. Martin Soucy a, selon lui, tout pour réussir ce virage, avec le soutien du gouvernement provincial et de tous les acteurs de l’industrie. En prime, a-t-il conclu par une boutade, il a « un sourire ravageur qui en fait une attraction touristique à lui tout seul ».

Devant un parterre de gens d’affaires et représentants du milieu du tourisme, Martin Soucy a rappelé ensuite qu’il était « un passionné du Québec, de ses régions, de ses produits touristiques et des acteurs du milieu » qu’il qualifie d’ambassadeurs du Québec et de « marchands de bonheur ».
Avec 31 millions de touristes accueillis en 2016, 32.000 entreprises, 349.000 emplois, le tourisme est un secteur de pointe du Québec, comme il l’est à l’échelle mondiale, où l’on s’attend à une hausse des recettes touristiques de l’ordre de 3,3 % par an d’ici 2030. Autres tendances : une « concurrence de plus en plus vive » entre destinations mondiales et l’avènement d’un nouveau type de voyageur, « exigeant, informé, autonome et ouvert » qui aime « fabriquer sa propre expérience, réaliser sa propre mise en scène de voyage ».

A son avis, « on est arrivé au summum de la personnalisation du voyage », avec un touriste qui utilise toutes sortes de sources d’information grâce aux nouvelles technologies et réseaux sociaux ». Du coup, les « destinations » se doivent d’être plus performantes sur au moins trois plans : l’investissement, l’accès et la mise en marché.

Le Québec a déjà de sérieux atouts, note M. Soucy, comme destination unique en Amérique du Nord, avec un bouquet d’expériences de calibre international à offrir, une passion typiquement québécoise et un positionnement clair à l’international sous la bannière « Québec original ». L’Alliance de l’industrie touristique du Québec, tout juste créée et dont il a pris la tête il y a 40 jours à peine, est un outil de choix, un « modèle unique » pour passer à la vitesse supérieure. « Comme un athlète, souligne-t-il, il est temps que l’industrie québécoise sorte du tapis roulant pour courir dehors, profiter de la vague et accélérer le mouvement ». Avec l’ambition affichée par Québec en ligne de mire : cibler 7,9 milliards de dollars de recettes touristiques d’ici 2025, avec une progression de 5% par an et 50.000 emplois à la clé.

Il y a certes beaucoup de pain sur la planche pour y parvenir. M. Soucy voit l’Alliance comme un maillon esssentiel de « l’écosystème touristique québécois », comprenant notamment un ministère du tourisme fort, l’ensemble des associations touristiques régionales, les regroupements sectoriels ou régionaux, compagnies aériennes, réseaux de distribution… Pour gagner des points auprès de ce voyageur qui doit être « au cœur de ses actions », l’Alliance propose un nouveau modèle d’affaires à ses « partenaires de réussite », assorti d’objectifs précis:

  • s’unir davantage.
  • aligner leurs actions sur une stratégie globale pour avoir une meilleure force de frappe à l’international.
  • faire de l’évolution une constante des approches de promotion et de commercialisation.
  • investir tous azimuts, dans le développement d’expériences attractives et innovatrices, dans l’accès aux régions pour les touristes, dans les « richesses humaines », comme dans la promotion de marchés cibles, tels le Mexique et la Chine. A ce titre, l’Alliance peut compter sur une enveloppe de 23 millions de dollars par an de la part du gouvernement, à laquelle devraient s’ajouter 7 millions de source extérieure.
  • mettre le focus sur la mise en œuvre de stratégies de marketing clairement identifiées.
  • Bâtir une industrie qui soit « créative, agile et performante ».

A court terme, Martin Soucy – qui se voit comme le patron d’une « start up » – estime qu’il faut s’engager à fond dans le « numérique » pour le marketing et la promotion du tourisme hors Québec. Finies également les deux uniques campagnes de promotion saisonnière à l’étranger. « Notre présence doit être constante » sur les marchés étrangers, note-il, affirmant que le Québec a tout pour réussir : « les talents et un bon plan de match ».

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