En vue de la mise à jour économique qui viendra préciser les pistes d’intervention évoquées dans le discours inaugural concernant la pénurie de main-d’oeuvre et dont le dépôt est prévu pour le 25 novembre prochain, l’IDQ souhaite faire le point sur ces questions et alimenter cet important débat en contribuant aux décisions gouvernementales. 

Les recommandations prioritaires de l’IDQ sont : 

Développer une vision intégrée et cohérente des enjeux de main-d’oeuvre 

  • Briser les silos entre les ministères et les autres intervenants gouvernementaux ; 
  • Mieux planifier les besoins en main-d’oeuvre dans les réseaux de la santé et de l’éducation ainsi que ceux en lien avec les grands projets gouvernementaux;
  • Prioriser les professions et les secteurs les plus stratégiques ; 
  • Gérer les urgences dans les services publics en étant conscient des limites de ces solutions à court terme. 

Planifier un développement économique basé sur les talents 

  • Remplacer l’objectif de création d’emplois par une finalité de transformation de l’emploi en modifiant les critères d’octroi de l’aide publique et en repensant les programmes d’accompagnement des entreprises pour refléter ce virage 

Miser sur l’éducation, la formation et le développement des compétences 

  • Mettre en place des incitatifs fiscaux plus généreux pour la formation continue des travailleurs; 

-Améliorer le crédit canadien pour la formation existant permettrait aux titulaires de disposer de moyens financiers plus importants afin de s’adapter à la réalité des différentes formations (durée, mode de formation, etc.) et favoriserait une requalification ou un rehaussement significatif des compétences.

  • Encourager davantage la formation en entreprise par un élargissement de certains programmes. 

-Afin d’en simplifier l’accès et le processus aux entreprises, les mécanismes d’accompagnement et de financement de la formation devraient plutôt être systématiquement intégrés à l’offre de service du ministère de l’Économie et de l’Innovation (MEI) et d’Investissement Québec (IQ). 

Revoir l’organisation du travail 

  • Dans le secteur public : planification et souplesse ; 
  • Dans le secteur privé : prévision et soutien des PME dans la gestion prévisionnelle de leurs effectifs. 

-Soutenir les exercices de gestion prévisionnelle de la main-d’oeuvre dans les entreprises en les rendant admissibles à des aides fiscales ou budgétaires (crédit d’impôt, baisse des taxes sur la masse salariale, etc.) et les inciter ainsi à s’en prévaloir rapidement. 

-Intégrer un volet main-d’oeuvre complémentaire à l’offre du MTESS et de la CPMT dans les programmes du MEI et d’IQ 

Effectuer un rattrapage en immigration et poursuivre les efforts d’intégration 

  • S’assurer d’atteindre les cibles migratoires fixées et les reports annoncés ; 

-Rattraper ces retards par rapport à la cible est important pour l’économie québécoise pour deux raisons principales : 

➢ D’une part, cette immigration a pour but de combler des besoins immédiats sur le marché du travail, 

➢ D’une autre part, plusieurs personnes actuellement en sol québécois et en attente de l’octroi d’un statut de résidence permanente risquent de se décourager en quittant le Québec ou de perdre leur emploi si les délais ne se résorbent pas. 

  • Réduire de façon urgente les délais d’admission des immigrants ; 

-Les politiques d’immigration souffrent des lourdeurs bureaucratiques et des délais qui sont démesurés pour les candidats, mais également provoquent des conséquences pour les entreprises québécoises (particulièrement à l’extérieur de Montréal) qui cherchent à combler des postes ou investir davantage. 

  • Poursuivre les efforts pour faciliter la reconnaissance des compétences et de l’expérience étrangère. 

Susciter le maintien à l’emploi des travailleurs âgés 

  • Adapter et réorganiser les milieux d’emploi notamment en atténuant l’ampleur de la charge de travail et la nature des tâches à effectuer; 

-La première mesure consiste à repousser l’âge de la retraite en prolongeant la période du maintien à l’emploi. Pour faciliter cette transition, on pourrait par exemple adapter les conditions de travail grâce à une réduction progressive de la charge de travail. 

-Cela permettrait de répondre à un autre impératif, celui du maintien et du transfert des compétences. 

  • Ajuster la fiscalité en rendant remboursable le crédit d’impôt pour les travailleurs d’expérience et en exemptant les travailleurs dont l’âge permet d’être admissibles à la Régie des rentes de leur obligation d’y cotiser. 
  • Transformer le crédit d’impôt pour la prolongation de carrière, qui est présentement non remboursable, en crédit remboursable. 

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