Le repos fait le plus grand bien! Il est surtout essentiel pour se décoller le nez de l’arbre afin d’apprécier la forêt dans son ensemble.  Je dirais même que nous devrons développer notre capacité à voir toutes les forêts dans leur ensemble, car ce que nous vivons dépasse la réalité de notre seul secteur économique.  Nous devons impérativement réfléchir plus largement. Et, j’ajouterais, nous devons le faire en respectant les règles pour mettre fin à cette pandémie ! 

 

UN MOMENT DE RÉFLEXION DANS L’INSTANT PRÉSENT

Dans le tumulte actuel, nous gérons tous cette crise avec une intensité quotidienne hors du commun et du mieux que nous le pouvons.  La mission est colossale et n’est pas tâche facile, parce que nous n’avons plus les mêmes repères.

En plus d’avoir à supporter le tissu socio-économique des entreprises et des travailleurs qui sont durement touchés, chacun d’entre nous tente d’interpréter les signaux, d’anticiper la suite, de réfléchir au passé du voyage en tirant des constats, tout en essayant de se projeter dans l’avenir.  Nous essayons en fait de réduire l’incertitude qui plane.  

Ce qui se dessine sera différent de ce que nous avons connu avant la pandémie.  Dans les prochaines semaines, nous devrons faire preuve de réalisme et entretenir notre confiance en l’avenir.  Je vous invite tous, et je m’y emploie quotidiennement, à faire de même. 

Lectures intéressantes

À ce titre, quelques articles publiés la semaine dernière ont attiré mon attention et stimulé ma réflexion :

  • TourismExpress : Jean-Michel Perron présente concrètement un état des lieux, des phases de retour et des suggestions d’initiatives à mettre de l’avant qui résument de façon fort pertinente ce que plusieurs avancent individuellement. 
  • Journal de Montréal : Jean-Luc Vallée présente l’opinion de plusieurs experts universitaires spécialisés en tourisme sur les facteurs qui feront que le monde du voyage ne sera plus pareil.      
  • Le Devoir : Christian Desmeules, dans un article plus philosophique, présente une réflexion sur notre rapport au voyage.  

La réflexion à venir

L’inventaire touristique est périssable : l’expérience touristique ne peut demeurer sur des tablettes. De plus, la somme des investissements financiers requis pour offrir des expériences de qualité aux voyageurs est importante, et ce, tant dans les dépenses fixes que variables.  La prestation touristique tient et s’enrichit en majeure partie sur les interrelations humaines. C’est le fondement même des attraits, de l’hébergement, des festivals, de la restauration, des musées, des spas, des parcs naturels et j’en passe.  

De nombreuses mesures sont en place favorisant le support des liquidités, des travailleurs et de la formation.  L’effort public est exceptionnel et il faut le souligner après 4 semaines de crise.

D’autres éléments de réflexion ont été mis en lumière par la cellule des chefs d’entreprises que l’Alliance a mise en place.  Voici les principaux identifiés par ses membres :

  •       La communication d’un calendrier de déconfinement, selon divers scénarios, faciliterait la planification pour les entreprises de leur sortie ou de leur maintien de la période d’arrêt.  L’annulation des festivals jusqu’au 31 août est un bon exemple qui favorise plus de prévisibilité pour les entreprises dans les choix et la gestion de risques qu’ils doivent faire (geste responsable même si c’est dommage, nous en convenons).
  •       Les mesures offertes par les gouvernements pour soutenir financièrement les entreprises devront possiblement avoir une durée plus longue que celle annoncée, afin de permettre aux entreprises solvables de faire face au déconfinement progressif et de favoriser leur retour en force.
  •       Tel que l’énonçait le ministre de l’Économie du Québec dans un article dans La Presse+ la semaine dernière, un plan de mesures plus spécifiques et adaptées au secteur touristique devrait être élaboré.  Celui-ci devrait viser notamment à mitiger le surendettement (exonération de certains coûts), favoriser la transformation numérique (efficacité des transactions au retour de la crise) et soutenir l’adaptation des processus d’accueil et des routines d’opérations (nouvelle réalité).
  •       Une impulsion stimulant la consommation de voyage au Québec, tout en considérant que la population aura moins d’argent dans son portefeuille de vacances, combinée à des efforts promotionnels concertés pourraient compléter le soutien à l’industrie.

Rappelons que cette industrie se relèvera progressivement et qu’elle contribuera significativement, à son retour à plein potentiel, à la croissance économique du Québec et de ses régions.

 

SOULIGNER L’UNION DES FORCES

Nous croyons essentiel depuis le début de cette crise d’unir nos forces et de collaborer pour s’en sortir.  Le modèle touristique québécois en alliance est caractérisé par cette union solide des entreprises privées et des associations de partout au Québec, qui se combine au travail très collaboratif avec les gouvernements qui gèrent la crise.  Les relations directes que nous avons développées entre nous permettent d’être en mode solution pour les entreprises d’ici.  

Alors que le Québec génère plus du cinquième des dépenses touristiques et plus du quart de tous les visiteurs à l’échelle canadienne, cette union des forces doit également prévaloir avec nos collègues des autres provinces.

Il faut remercier notre ministre du Tourisme, Caroline Proulx, et son cabinet qui prennent le temps avec plusieurs partenaires, et qui posent des gestes concrets pour faire valoir notre industrie en implantant des solutions tangibles de concert avec les instances gouvernementales pertinentes. Les résultats obtenus ne doivent pas se mesurer à leur présence médiatique. C’est plus fondamental que cela, car le travail ne se fait pas nécessairement devant la scène.

Il faut également remercier notre ministre canadienne, Mélanie Joly, et son cabinet pour leur disponibilité et la considération qu’ils apportent aux recommandations que nous leur formulons.  Leur ouverture à adapter et préciser les programmes proposés démontrent leur capacité d’écoute dans ces moments névralgiques.

Travail en équipe

Je tiens encore une fois à remercier sincèrement toutes les organisations et les personnes qui participent en équipe aux efforts qui sont déployés pour supporter les entreprises de notre secteur économique. Nous sommes tissés serrés. Comme les membres d’une grande famille, nous participons à la réflexion collective et nous canalisons nos bonnes idées.

Cela me rend fier et reconnaissant d’appartenir avec vous à ce groupe d’industrie depuis plus de 25 ans.

Nous allons traverser cette crise : nous en avons les moyens, la créativité et la force.

Tous ensemble!