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Chaque été, les vacances de la construction marquent un moment bien particulier dans le calendrier québécois. Pendant deux semaines, une grande partie des chantiers ralentissent ou s’arrêtent, les routes se remplissent de familles, de campeurs et de voyageurs, et plusieurs régions touristiques accueillent un afflux important de visiteurs. Cette tradition, aujourd’hui bien ancrée dans nos habitudes collectives, trouve son origine dans l’évolution des droits du travail au Québec. 

En 1946, les travailleurs québécois figurent parmi les premiers en Amérique du Nord à obtenir une semaine de vacances payées par année, un gain social majeur pour l’époque. En 1968, ce droit est porté à deux semaines. Mais dans le secteur de la construction, où les travailleurs changent souvent d’employeur et de chantier au fil de l’année, l’application de ces congés demeure complexe. Pour mieux coordonner les différents corps de métier, éviter une gestion au cas par cas et maintenir le rythme des chantiers, des négociations entre les syndicats, les entreprises et le gouvernement mènent, en 1970, à l’imposition d’une période commune de deux semaines de vacances au milieu de l’été. Dès l’été 1971, les travailleurs de la construction du Québec profitent ainsi de ce congé à l’échelle de l’industrie, qui se tient habituellement à la fin juillet. 

Au fil du temps, ces deux semaines sont devenues bien plus qu’un congé sectoriel. Elles constituent aujourd’hui un repère estival profondément ancré dans nos habitudes collectives, un moment où une partie importante de la population québécoise profite d’un temps d’arrêt. On le constate sur les routes, dans les campings, sur les terrasses, dans les attraits touristiques et dans les villages qui s’animent au rythme des visiteurs. Selon le ministère du Tourisme, près du quart des Québécoises et Québécois ont l’intention de voyager pendant les vacances de la construction, ce qui confirme l’importance de cette période dans nos habitudes de vacances. 

Pour l’industrie touristique, cette période demeure un moment fort de la saison estivale. Elle permet à de nombreuses entreprises de recevoir un achalandage important, de mettre en valeur leur hospitalité et de faire découvrir la diversité des régions du Québec. Elle rappelle aussi que nos destinations gagnent à être explorées autrement : en sortant parfois des itinéraires plus fréquentés, en choisissant des attraits moins courus, en prolongeant les séjours ou en revenant plus tard dans la saison. 

Les vacances de la construction rappellent ainsi toute la portée sociale, familiale et économique de cette période désormais indissociable de l’été québécois. Si nous prenons la route au cours des prochaines semaines, faisons preuve de prudence dans nos déplacements, prenons le temps d’admirer les paysages, de découvrir nos attraits et d’encourager les entreprises d’ici. Et surtout, rappelons-nous que l’été québécois ne s’arrête pas avec les vacances de la construction : de belles semaines sont encore à venir pour découvrir ou redécouvrir nos régions. 

 

Geneviève Cantin 

Présidente-directrice générale