J’ai eu la chance de grandir auprès de parents qui croyaient profondément en mes droits, en mes capacités et en mes ambitions. Des parents qui, bien avant que l’expression soit aussi présente qu’aujourd’hui, nous ont éduqués dans l’égalité.
Ma mère, une jeune fille de Roberval, a quitté le nid familial à 17 ans pour poursuivre ses études. En 1975, elle a réussi son Barreau, devenant ainsi l’une de ces femmes qui ont ouvert des portes, repoussé les limites et, comme on le dit chez nous, « tapé la trail » pour celles qui allaient suivre. Mon père, d’aussi loin que je me souvienne, a toujours manifesté un profond respect pour les femmes, leur intelligence, leurs capacités et leurs ambitions. Il ne s’est jamais contenté d’affirmer qu’il croyait en l’égalité : il l’a incarnée et soutenue dans ses gestes.
La politique était omniprésente à la maison. Nous en discutions, nous débattions des idées et nous cherchions à comprendre les enjeux qui façonnaient le Québec. Pourtant, je n’ai jamais réellement su pour qui mes parents votaient. Tous deux fonctionnaires, ils respectaient rigoureusement les règles éthiques liées à leurs fonctions. Ils m’ont ainsi transmis une conviction fondamentale : nos institutions démocratiques sont précieuses, le service public exige une grande intégrité et le vote appartient à chacune et à chacun, dans le secret de sa conscience.
C’est sans doute pour toutes ces raisons que je ne considère pas le droit de vote comme un simple geste administratif. Il est à la fois un privilège, une responsabilité et un héritage.
Dans plusieurs régions du monde, des millions de personnes ne peuvent toujours pas choisir librement leurs dirigeants. Ailleurs, ce droit demeure limité, menacé ou tout simplement inaccessible. Au Québec, il nous semble parfois aller de soi. Pourtant, il est le fruit d’une longue évolution démocratique et des luttes menées par celles et ceux qui nous ont précédés.
Les Québécoises n’ont obtenu le droit de vote aux élections provinciales qu’en 1940. Cette réalité n’est pas si lointaine. Elle nous rappelle que les droits démocratiques ne sont jamais définitivement acquis : ils demeurent vivants lorsque nous choisissons de les exercer.
À l’approche des élections provinciales, nous avons donc une responsabilité : participer, nous exprimer et contribuer, par notre vote, aux décisions qui façonneront le Québec de demain.
Comme citoyennes et citoyens, nous avons nos valeurs, nos convictions et nos priorités. Comme industrie, nous avons également la responsabilité de rappeler la contribution exceptionnelle du tourisme au développement économique, social et culturel du Québec.
Le tourisme est présent dans toutes nos régions. Il fait vivre nos centres-villes, nos villages, nos entreprises et nos communautés. Il soutient des milliers d’entrepreneurs, crée des emplois de qualité et met en valeur ce que le Québec a de plus précieux : ses paysages, sa culture, sa gastronomie, son histoire, son caractère distinctif et l’accueil de sa population.
Notre message est clair : le tourisme est une grande force économique du Québec.
Notre industrie représente près de 5 % du PIB québécois, regroupe 24 000 entreprises et soutient près de 420 000 emplois. Elle génère annuellement près de 19 milliards de dollars en recettes touristiques, dont 4,4 milliards proviennent des visiteurs internationaux. Le tourisme constitue ainsi le quatrième secteur d’exportation du Québec. Plus encore, 83 % des sommes dépensées par les visiteurs internationaux demeurent ici, dans nos entreprises, nos régions et nos collectivités.
Cet argent neuf contribue à notre prospérité collective et génère des revenus qui permettent également de financer nos grandes priorités de société, notamment en santé et en éducation.
Investir dans le tourisme, c’est donc investir dans le Québec. C’est soutenir des entrepreneurs d’ici, renforcer la vitalité de nos communautés, stimuler l’économie de nos régions et créer une richesse qui bénéficie à toute la population.
Le tourisme doit, pour toutes ces raisons, occuper une place importante dans les débats de la prochaine campagne électorale. Au-delà des enjeux propres à notre industrie, sa contribution à l’attractivité de nos territoires, à la qualité de vie de la population et au rayonnement international du Québec mérite d’être pleinement reconnue.
Au cours des prochaines semaines, l’Alliance poursuivra son travail auprès des candidates, des candidats et des différentes formations politiques. Nous ferons valoir les priorités de notre industrie et proposerons des solutions concrètes pour soutenir le développement de l’offre touristique, relever les défis de main-d’œuvre, améliorer l’environnement d’affaires de nos entreprises et doter le Québec d’une vision touristique ambitieuse, responsable et durable.
Mais au-delà de notre rôle comme organisation, chacune et chacun de nous a aussi un rôle à jouer.
Exerçons notre droit de vote.
Faisons-le parce que nous avons la chance de pouvoir choisir librement. Parce que des générations de femmes et d’hommes ont travaillé, parfois avec courage et au prix de grands sacrifices, pour que ce droit nous appartienne. Parce qu’il demeure encore inaccessible à trop de personnes dans le monde. Et parce que chaque vote est une façon de contribuer au Québec que nous souhaitons bâtir et transmettre aux générations qui nous suivront.
Mes parents m’ont appris à croire en mes capacités, à respecter nos institutions et à ne jamais tenir mes droits pour acquis. À mon tour, je souhaite porter ce message : la démocratie nous appartient, mais elle exige notre participation.
Le tourisme est une force pour le Québec. Faisons entendre sa voix. Et, surtout, faisons entendre la nôtre.
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Parce que l’avenir du tourisme mérite d’être au cœur des échanges, la Grande conférence Alliance 2026 accueillera, le 23 septembre prochain, un débat politique réunissant trois partis déjà confirmés (Coalition Avenir Québec, Parti libéral du Québec et Parti québécois). Vous désirez connaître l‘engagement des partis ? Achetez votre billet !
Geneviève Cantin
Présidente-directrice générale