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Article rédigé par Nathalie Schneider dans le cadre du Parcours DD en tourisme, une initiative pilotée par l’Alliance et rendue possible grâce à la collaboration et au financement du ministère du Tourisme. 

L’ATR : Tourisme Îles-de-la-Madeleine 

L’association touristique régionale reprend en écho la recommandation de la municipalité : gérons nos déchets! 

Sur un territoire où l’enfouissement des déchets est impossible et leur exportation, soumise à de gros enjeux, la gestion des matières résiduelles est une question centrale aux Îles-de-la-Madeleine. Avec sa charte Aux Iles je m’engage, Tourisme Îles-de-la-Madeleine incite ses visiteurs à contribuer à un tourisme durable et responsable durant leur séjour, notamment grâce à une saine gestion des déchets. Dans un même élan, la municipalité des Îles propose un Guide du tri afin d’aider les visiteurs, mais aussi les citoyens, les entreprises et les organisations locales à poser les bons gestes. Fruit d’une démarche collective et collaborative, ce guide traduit un désir commun de privilégier l’approche volontaire et la conscientisation de chacun pour relever le défi. Ce guide rappelle d’abord à tous la nécessité de rapporter leurs déchets, mais aussi de les trier selon leur nature dans trois bacs réservés à cet effet : compostage, recyclage et déchets pour ceux qui n’entrent dans aucun des deux premiers. Pour aller plus loin, la municipalité renvoie les citoyens à des entreprises de revalorisation – Ré-Utiles et Coop La Machine – pour donner une seconde vie à des produits réutilisables : vêtements, vaisselles, meubles, etc. C’est l’ensemble des acteurs locaux, des citoyens et des visiteurs, particulièrement nombreux en été, qui sont invités à faire leur part pour relever l’immense défi qu’est la gestion des matières résiduelles et ce faisant, de faire des Îles-de-la-Madeleine un modèle de destination durable et responsable.  

 

L’ATS : Association de l’agrotourisme et du tourisme gourmand du Québec 

Accompagner l’agrotourisme vers l’économie circulaire.  

Depuis deux ans, l’Association de l’agrotourisme et du tourisme gourmand du Québec accompagne 18 producteurs et artisans transformateurs dans leur transition durable, en partenariat avec la firme ADDERE Service-conseil. Cet accompagnement personnalisé inclut la réalisation d’un diagnostic, d’un plan d’action collaboratif et d’une politique d’engagement en développement durable qui détaille la stratégie de l’entreprise à court, moyen et long terme. Aussi, grâce au soutien de MOUVANCE et SENS Communications durables, deux agences expertes sur le sujet, les entreprises engagées dans ce protocole sont en mesure de véhiculer les bons messages sur leurs pratiques auprès de leur clientèle cible. De plus, un guide de bonnes pratiques en développement durable leur est également fourni. Ce guide est d’autant plus adapté aux clientèles ciblées qu’il se base sur les données provenant de la cohorte et sur l’expertise des deux firmes impliquées.   

Cette initiative place l’économie circulaire au cœur de ses priorités. Parmi ces entreprises engagées, la microbrasserie Le Presbytère, à Saint-Stanislas, propose une table aux accents du terroir à base d’ingrédients locaux, notamment forestiers, provenant de 50 fournisseurs locaux. Grâce au soutien de Terroir et Saveurs du Québec, cette microbrasserie a développé un plan d’action et des solutions concrètes en matière de gestion de l’eau et des matières résiduelles. Tous les déchets de table sont fournis à un cultivateur local et une valorisation de la levure post-consommation est désormais à l’étude.    

 

L’entreprise : La Grange Pardue 

Quand une ferme brassicole fait renaître toute une communauté autour de valeurs sociales et environnementales.  

Depuis la création de cette ferme brassicole en 2019, l’économie circulaire fait partie intégrante de son ADN. Au confluent de la microbrasserie, de l’agriculture, de l’agrotourisme et de l’évènementiel, La Grange Pardue est un lieu de rencontre et de socialisation dans une région qui, avant sa création, souffrait de dévitalisation. Tous les samedis d’été, c’est toute la communauté qui vient fraterniser et déguster une bière en écoutant des artistes locaux. L’établissement organise aussi durant l’année les Vendredis en blues et les week-ends forestiers. « Notre première source de revenus vient de la vocation agrotouristique et des valeurs sociales de notre ferme brassicole », explique l’un de ses fondateurs, Philippe Langlois. Mais, surtout, cette coopérative de travailleurs a mis au point une astucieuse boucle vertueuse : la drèche, produite par la fabrication de la bière, est étendue comme fumier sur ses champs d’orge et de houblon, lesquels servent à fabriquer la bière. Rien n’est « pardu ». 

 

 

 

 

 

 

La ferme brassicole a également mis en place des modèles d’économie circulaire en partenariat avec d’autres entrepreneurs de la région : elle fait affaire avec la boulangerie La Montagne, à Victoriaville, en récupérant le pain invendu et remplace 1/3 d’orge par 1/3 de mie de pain pour fabriquer sa Mie Moderne, une bière blanche au léger goût d’agrume.    

Enfin, tout ce qui se boit et se mange dans cette étape d’agrotourisme est récolté ou produit sur place : l’orge, le houblon, la levure, mais aussi les légumes qui se retrouvent sur le menu « fast-food du terroir », selon l’expression de Philippe Langlois. Le reste – viandes, fromages – provient des producteurs locaux. Nominée dans la catégorie Tourisme responsable et durable de la 6e édition des Prix excellence en tourisme de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, cette entreprise mise sur le cycle court en optimisant au maximum sa gestion des matières résiduelles.   

 

À l’international : Écocircular  

S’inspirer de modèles innovants mis en place en Europe et ailleurs. 

Renforcer l’adhésion à un tourisme plus circulaire en Europe, notamment en France : c’est l’objectif de l’association française Écocircular, qui étudie et promeut les initiatives d’économie circulaire à travers le monde afin de mettre en lumière des pratiques alternatives aux modèles d’affaires classiques. Après une expédition menée en 2016 dans neuf pays et une autre en 2021 dans 10 villes européennes et dans cinq pays (France, Suisse, Belgique, Allemagne, Pays-Bas), les observateurs de l’association ont pu identifier des solutions innovantes et instaurer un maillage avec d’autres acteurs du tourisme afin que ceux-ci puissent s’en inspirer.  

Le constat : les voyageurs sont de plus en plus sensibles à des formes de tourisme plus responsables, notamment le slow tourisme (ou ralentourisme), le voyage local et expérientiel. Globalement, 87 % des voyageurs évoquent leur intérêt à opter pour le tourisme durable. Quant aux professionnels du voyage, nombreux sont ceux qui désirent placer leurs produits au diapason de leurs valeurs, plus sensibles aux enjeux environnementaux. Dans son rapport, Écocircular fait état de 28 initiatives concrètes, dignes d’inspirer les professionnels du tourisme : restauration, hôtellerie et festivals. 

La gestion des déchets est l’un des piliers du tourisme durable. Un exemple parmi d’autres : en Allemagne, l’entreprise Kaffee Form collecte à vélo le marc de café auprès de plusieurs cafés de Berlin et le transforme en un matériau qui est, ensuite, moulé en forme de tasse. Cette tasse est biodégradable et lavable en machine. Cette opération permet de recycler la grande quantité de marc produite pour faire du café et de proposer une alternative aux tasses jetables.   

Autre exemple inspirant : l’entreprise française Les Détritivores collecte et composte les biodéchets générés par des restaurants, des entreprises et des collectivités de Bordeaux. Ces biodéchets sont ensuite revendus comme fertilisants aux agriculteurs locaux. Ceci a permis, depuis 2015, de produire 800 tonnes de compost à partir des 800 tonnes de biodéchets collectés annuellement.  

 

Pour passer le pas : Rapport des meilleures pratiques en économie circulaire dans le secteur de l’hébergement touristique  

Une cinquantaine d’initiatives en économie circulaire d’hébergeurs touristiques québécois, canadiens et internationaux. 

Le Projet vitrine d’économie circulaire destiné au secteur de l’hébergement touristique est le fruit d’une collaboration initiée entre le ministère du Tourisme du Québec, RECYC-QUÉBEC et dont l’Association Hôtellerie du Québec (AHQ) est le partenaire de réalisation. 

Cette initiative découle du Plan d’action pour un tourisme responsable et durable 2020-2025 du ministère du Tourisme. Plusieurs outils concrets ont été développés afin d’inspirer les acteurs du secteur de l’hôtellerie touristique à adopter des pratiques d’économie circulaire pour faire face à l’impact environnemental grandissant du secteur de l’hébergement touristique.   

                    

 

 

 

 

L’un de ces outils est l’édition du Rapport des meilleures pratiques en économie circulaire dans le secteur de l’hébergement touristique, qui recense une cinquantaine d’initiatives inspirantes mises en place par des établissements du Québec, mais aussi du reste du Canada et de l’international. L’objectif poursuivi : soutenir la clarification du concept de l’économie circulaire et de sa valeur ajoutée auprès des gestionnaires et de leurs équipes. Pour chacune d’elles, une description de l’hébergement et des bonnes pratiques adoptées est livrée en détail. Entre autres données, ce document propose également sept fiches thématiques comprenant des objectifs précis visés, celles-ci présentées sous des thématiques transversales et départementales : 

  • Gouvernance et organisation 
  • Information, sensibilisation et éducation 
  • Gestion de l’établissement 
  • Infrastructures et équipements 
  • Hébergement 
  • Restauration 
  • Services connexes  

La fiche sur les infrastructures et équipements porte non seulement sur les aspects physiques des infrastructures et des équipements, mais aussi sur les fonctions des bâtiments. Parmi les arguments mis de l’avant pour « passer le pas », on note l’optimisation des espaces et des équipements, l’allongement de la durée de vie des biens et équipements, la réduction de la quantité de déchets destinés à l’enfouissement, ainsi que des gains financiers générés par de nouvelles offres d’activités commerciales. Plusieurs bonnes pratiques sont mises de l’avant ainsi que des informations précises sur des programmes, des outils d’accompagnement et des certifications spécifiques au secteur de l’hébergement touristique. Enfin, une formation d’une heure sur l’économie circulaire est fournie à l’attention spécifique des acteurs de l’hébergement touristique. Le tout est disponible gratuitement sur le site de l’AHQ.